L’idée de base est cette question que je me suis posée
en tant que Président, à savoir que chacun d’entre nous a
une idée plus ou moins nette de ce qu’est la Démocratie avec
des variantes en fonction des circonstances de l’histoire et du milieu.
En d’autres termes, la question est la suivante: qu’est-ce qui est démocratique
dans un lieu ou un temps précis?
De même, en ce qui concerne le terme “culture”, chacun
a une idée de ce que représente la culture mais il faut bien
constater que la culture n’est pas unique. Par exemple, la culture des
jeunes de banlieue ne doit-elle pas être considérée
comme une vraie culture par rapport à une culture savante?
Culture et Démocratie sont donc deux termes profondément
sujets à divergences et à interrogations. Si nous avons une
idée vague de ce que peuvent être chacun de ces deux termes,
qu’en est-il du “et” qui les réunit?
Il pose le problème de savoir si une démocratie peut exister
sans culture et inversement si la culture n’est pas nécessairement
démocratique.
Il serait intéressant de chercher à savoir ce que d’autres
personnes en pensent car nous rapprochons, dans le titre de l’association,
deux termes pratiquement indéfinissables.
Qu’en est-il de la définition de la Culture associée à
celle de la Démocratie pour un sociologue, un philosophe, un artiste,
un théologien, un homme de loi, etc…?
La culture possède cet avantage merveilleux de pouvoir nous confronter,
violemment parfois, à des diversités tellement considérables
qu’elles remettent en causes nos certitudes.
La plus grande richesse de la Culture, c’est la diversité parce
qu’elle est l’expression de chacun et la plus grande richesse de la Démocratie,
c’est aussi la diversité parce qu’elle est la représentation
de tous.
Si le “et” de Culture et Démocratie pouvait être
l’aiguillon qui fait basculer nos certitudes et nous aide, dans notre travail,
à ne pas oublier le rapport aux autres, je pense que nous aurions
gagné.
Je crois que la plus grande qualité est la curiosité. Parce
qu’elle est le ferment d’une connaissance. Et si elle est appliquée
à la culture, il faut aussi l’appliquer à la démocratie.
C’est dans ce sens là que je pense que le rôle de l’association
Culture et Démocratie est considérable. Elle est le lieu
où cette diversité peut s’installer comme principe de réflexion.
Nous n’aurons jamais trop d’épines dans les talons pour nous éviter
de marcher au pas.
Je me rends compte que je n’ai pas vraiment répondu à la
question. C’est parce que je m’interroge. Se poser la question, c’est déjà
en être conscient.
Les réponses viendront au fur et à mesure des options très
particulières que chacun prendra dans sa réflexion.
Il faut toujours être prudent par rapport au jugement que nous portons
aussi bien sur la Culture que sur la Démocratie. La tradition de
l’histoire et l’histoire dans laquelle nous vivons aujourd’hui nous apprend
à être circonspects vis-à-vis de ce que l’on tient
pour une vérité.
Ce que je pense au 21ème siècle, le jugement et le regard
que je porte sur une œuvre est une réalité à
nulle autre comparable mais ce n’est pas la réalité d’un
autre regard qui a été porté il y a quelques siècles
ou seulement quelques années.
C’est cette pratique de la fréquentation des œuvres d’art qui
m’amène à avoir de la distance, du respect et de la curiosité
pour les jugements de mes contemporains, jusqu’à considérer
que le jugement que quelqu’un a pu porter à une époque antérieure,
remis dans une autre circonstance, a autant de valeur que celui que je
porte moi-même.
Et c’est cela que j’essaye d’appliquer au terme de Démocratie mais
en sachant aussi que nous devons faire des actions pour qu’elle progresse
partout et toujours.
La Tolérance implique la connaissance et la connaissance, l’écoute
et l’ouverture.
Ainsi, notre petit “et” pourrait être le résumé
de la curiosité et de la tolérance.
Laurent Busine