Culture et Démocratie: infos

“Le “Kunsten” est le cheval de Troie de la Flandre. Je mettrai le point du contrat-programme du Kunsten ce jeudi sur la table du gouvernement et un débat aura lieu sur la nécessité ou non de continuer à le subsidier.”

Richard Miller, Ministre des Arts et des Lettres de la Communauté Française, La Libre Belgique du 19/03/2003

Un bref rappel de l’évolution récente: lors de notre conférence de presse jeudi dernier à La Maison du Spectacle – La Bellone, nous avons courtoisement rendu public les problèmes que nous rencontrons pour le renouvellement de notre contrat-programme. En effet, après plus de deux ans de négociation, le Ministre Miller nous avait promis, lors d’une rencontre en mars 2002, une augmentation importante de notre subside qui devrait concrétiser l’accord de principe de la Communauté Française sur l’annualité du festival. Malgré un avis favorable du CSAD, le Ministre n’a pas tenu sa promesse: le montant du contrat-programme qui nous a été proposé début janvier est, pour la période globale de quatre années, de 680.000 € inférieurs aux montants promis. Nous avons, par la même occasion – et pour la première fois – rendu publics les subsides respectifs de la Communauté Flamande (867.000 €) et de la Communauté Française (332.000 €) pour 2003.

La réaction du ministre a été rapide et vive: “Si le festival n’est pas content (ndrl: avec son subside), nous remettrons le point à l’ordre du jour pour voir s’il est encore opportun d’aider ce festival.” (LLB du 14/03/2003) Il ajoute que la Communauté Française considère que “les artistes francophones n’ont pas assez de retour du festival”. Et affirme cette semaine que le festival est une opération flamande (voir citation).

Pour répondre concrètement à un des reproches principaux du Ministre Miller: sur base du programme 2003 du festival, le retour financier que le festival offre aux artistes et aux salles de la Communauté Française à Bruxelles dépasse largement le subside que la Communauté Française prévoit actuellement pour le festival. En 2003, le KunstenFESTIVALdesArts investit un montant total de 538.500 € pour les projets d’artistes de la Communauté Française et dans la programmation internationale de salles de la Communauté Française à Bruxelles, alors que le subside de la Communauté Française pour le KunstenFESTIVALdesArts s’élève, selon la proposition de Miller, à 340.000 € pour cette même année 2003.

Mais ceci ne nous semble pas le vrai débat. Le vrai débat est la position fragile d’une initiative culturelle que ne peut s’approprier exclusivement aucun pouvoir public d’aucune des deux communautés. En effet, depuis 1994, le KunstenFESTIVALdesArts existe comme un projet prioritairement international à Bruxelles, pour Bruxelles et avec Bruxelles. Clairement, cette dimension internationale inclut la présence des artistes néerlandophones ET francophones du pays. Il nous parait important, dans cette capitale qu’est Bruxelles, que publics et artistes aient le droit de découvrir le travail contemporain d’artistes de tous les coins du monde. Il nous parait important que les professionnels étrangers puissent découvrir dans ce contexte la singularité et la qualité des artistes d’ici. Par ce projet, il s’agissait dès sa naissance de contribuer – et nous disons bien contribuer” – à améliorer l’image de Bruxelles, capitale trop souvent réduite à ses dimensions administrative, politique, militaire et économique et pas assez valorisée comme centre de création artistique et intellectuelle. L’idée était donc de créer dans cette capitale européenne un festival international d’envergure et de qualité qui soit fédérateur et rassembleur des deux communautés, d’y présenter ensemble des artistes francophones et flamands pour des publics francophones et néerlandophones avec des moyens financiers francophones et néerlandophones. Ce qui fut fait et continue à l’être.

Le KunstenFESTIVALdesArts, festival bruxellois international et bi-communautaire, n’aurait plus de sens s’il n’était plus soutenu structurellement et plus que symboliquement par l’une ou l’autre des deux grandes communautés du pays. Le KunstenFESTIVALdesArts insiste dès lors pour que les promesses qui ont été faites par le Ministre Miller l’année passée soient respectées, afin qu’il puisse poursuivre son projet. Vu l’urgence de la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous nous permettons de vous informer. Tout message de solidarité des acteurs culturels bruxellois francophones envers le KunstenFESTIVALdesArts serait le bienvenu.

Un grand merci pour votre écoute et votre éventuel soutien.

L’équipe francophone, flamande et germanophone du KunstenFESTIVALdesArts

Le KunstenFESTIVALdesArts menacé d’une suppression de subside par la Communauté Française

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